28 août 2017

Lucky, d'Alice Sebold.

Année de sortie: 2004 | Pages: 332
Edition: Nil | Genre: Témoignage
Résumé: « Alice Sebold n'a jamais oublié ce jour où elle a cru mourir sous les coups de son violeur. Elle avait dix-huit ans. Contrairement à Susie, son héroïne de La Nostalgie de l'Ange, elle s'en est sortie. Elle a été « chanceuse », lui ont dit les policiers Elle raconte ici les cinquante minutes qui ont décidé de sa vie entière.

Ce jour d'horreur, elle a vu dans le regard des enquêteurs qu'on la soupçonnait d'avoir été consentante. Pourquoi, s'est-elle demandé, le viol est-il le seul crime dont la victime est supposée coupable? Au choc, a succédé la révolte. C'est pour cela qu'elle a décidé de ne pas se taire. Du viol qu'elle a subi, Alice Sebold ne cache rien : elle décrit la violence, la terreur, puis l'enquête, et le procès. Ce récit d'une puissance étonnante est aussi l'histoire d'une vengeance - et d'une renaissance. »

Ma note: /5


J'avais déjà commencé ce livre étant plus jeune, mais l'avait laissé de côté pour une raison qui m'est sortie de la tête. J'ai donc profité des vacances d'été pour le lire.

Alice Sebold, auteur de la "Nostalgie de l'Ange", nous livre à présent son propre combat: A dix(huit ans, alors qu'elle rentre à sa résidence universitaire, elle est agressée par un homme qui la viole. La jeune femme se lance alors dans un combat pour retrouver cet homme et surtout faire en sorte qu'il paie pour ses actes. Seulement, elle ne devra compter principalement que sur elle-même, car en ce début des années 80, tout le monde doute d'elle: que ce soit son père qui affirme qu'elle l'a voulu, les policiers qui disent qu'elle "a eu de la chance", l'avocat du violeur qui va tenter par tous les moyens de la mettre à bout...

Le récit commence difficilement: Nul prologue, l'auteur nous projette directement au moment du viol. Elle ne mâche pas ses mots, et ses dires sont comme des couteaux qu'elle nous lance. Une plume crue, violente, intense, celle d'une femme victime d'un viol, sa haine, sa colère, mais également un désir de vivre, et surtout, de s'en sortir. Elle n'émet aucun détail, et c'est ce qui rend ce récit si poignant.

Le reste du livre est basé sur son combat, plus juridique cette fois-ci, puisque la jeune femme va faire plusieurs procès et manœuvres pour retrouver son violeur, pour qu'il paie. Même si d'autres doutent ou minimise son récit, elle ne se laisse pas abattre: elle sait ce qu'elle veut et rien ne l'éloignera du but qu'elle s'est fixé.

Je dois avouer que les moments les plus durs à lire pour moi ont été ceux du tribunal, notamment avec l'avocat Paquette, l'homme qui défend le violeur. Je l'ai trouvé inhumain, et extrêmement détestable. Les mots qu'il a dit, tentant par tout moyen de mettre Alice en tort. Je n'ai pu m'empêcher d'imaginer le travail des avocats, ceux chargés de défendre un violeur. Alice a néanmoins fait preuve d'une grande détermination, refusant de se laisser démonter par cet homme. Voilà une chose des moins compréhensible: le combat d'Alice est une chose qui ne devrait pas avoir lieu d'être ! Quand on voit ce que doit subir une victime pour obtenir gain de cause, ce courage, cette détermination ! Et les victimes qui en manque, ou bien celles trop affectées par cela? eh bien leur violeur continue tranquillement leur existence, comme si rien n'était arrivé.

Alice nous livre également ce qu'elle vit à côté de ce procès, ses amours, ses amitiés, ses amants, la découverte des drogues, l'alcool, sa dépression... Encore une fois, elle ne mâche rien.

C'est un livre que je conseille énormément. Une histoire où rien n'est à retirer, rien n'est à mettre de côté. A ne cependant pas mettre entre toutes les mains, comme quasiment tous les livres parlant de viol.

Extraits
« Le souterrain où je me suis fait violer donnait jadis accès à un amphithéâtre, permettant ainsi aux acteurs de surgir au milieu du public, sous les sièges. Une fille avait été assassinée dans ce souterrain, et coupée en morceaux. Ce sont les policiers qui m'ont raconté ça. Ils m'ont dit que par rapport à elle, j'avais eu de la chance. »

4 commentaires:

  1. J'ai lu son roman, j'ai beaucoup aimé, je ne savais pas du tout qu'elle avait écrit son histoire... Ca intrigue mais malgré tout, je ne pense pas le lire, je trouve le sujet trop grave. En tout cas, c'est mon avis pour le moment, lire un roman, pourquoi pas, mais le lire et savoir que cela s'est vraiment passé, c'est autre chose. Et pour le moment, ce n'est pas le genre que je recherche. Un jour peut-être...!

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    1. Tu as raison, il ne faut pas subir une lecture :)

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  2. Ouch, je ne sais pas si je serais capable de lire une histoire pareille, enfin pour l'instant. Je sais qu'il faut lire un roman comme ça, que c'est important, mais je ne pense pouvoir le faire en ce moment :/

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