26 oct. 2017

La femme sans, de Madeleine Chapsal.

Année de sortie: 2001 | Pages: 280
Edition: Fayard | Genre: Témoignage
Résumé: « Je suis une femme sans - c'est à dire une femme sans enfant.
Longtemps je n'en ai pas souffert, du moins du fait des autres : après tout, jusqu'à un certain âge on peut encore se reproduire. Mais, quand la réalité de ma stérilité a été avérée, a commencé la lente, insidieuse, inflexible répudiation. De la part des hommes, déjà, qui, pour la plupart, veulent une descendance et considèrent par dessus tout « la mère de leurs enfants ». De la part des frères et soeurs, qui cherchent à vous déshériter et parfois y parviennent, puisque vous êtes incapable de transmettre à ceux de votre sang.
Or, la femme sans est indispensable à une société. Elle a un rôle, une fonction : elle gère, éduque, informe, elle est la confidente des couples et surtout des enfants.
Et elle crée : nos plus grandes artistes, étaient et sont souvent des femmes sans. Continuer à la persécuter ou à la rejeter comme aux temps anciens relève de l'antiféminisme primaire et va contre le bonheur de tous.
Ce livre est le récit de mon histoire et de celle de bien d'autres qui, souvent, souffrent comme moi. »

Ma note: 3,5/5


Je ne connaissais pas ce livre, n'en avais même jamais entendu parler. Le résumé m'intriguait, mais sans plus, j'ai dû me forcer en quelques sortes à le sortir de ma PAL.

La femme sans, c'est une voix, un quotidien, un témoignage: celui d'une femme qui n'a pas d'enfant et ne pourra jamais en avoir. Elle met en valeur ces femmes très peu évoquées, souvent seules, mal-aimées. Ces femmes n'étant pas considérées comme de vraies femmes car elles ne peuvent donner à leur mari une descendance.

Dans un livre à l'aspect décousu, Madeleine Chapsal nous parle à cœur ouvert. A petites notes, elle nous livre son incompréhension, son émotion, son indignation, sa colère. A petites touches, elle nous fait part de son quotidien de femme stérile. Comment rester de marbre face à un tel récit !

J'ai été indigné, comme elle, de voir à quel point la femme n'est réduite qu'à sa capacité à procréer. Une femme ne pouvant donner naissance est ainsi mise de côté, rejetée, insultée, méprisée. Indigné de tout ce qu'elle a vécu.

L'auteur évoque ses aventures avec les hommes mariés dont elle était amoureuse. Elle qui espérait un jour être mariée, elle qui souffrait lorsque ces hommes l'abandonnaient car elle n'est pas capable de procréer. Une femme dite "libre" car non entravée par des enfants, un mari. Une femme devant donc se plier aux exigences et désirs de chaque prétendants car elle n'a pas d'attache?

Ce livre, condensé de pensées, se lit très vite. Cependant, j'ai été déçu du fait que l'auteur tourne très vite en rond. J'ai ressenti une pointe d'agacement, lorsque survient cet éternel recommencement: Madeleine Chapsal s'attache à un homme qui va l'abreuver de belles paroles, de "je t'aime", avant de l'abandonner car elle est stérile. Encore, encore, encore, et encore.
Pendant une bonne partie du témoignage, Chapsal nous parle d'une même chose, répétant inlassablement ce qui l'énerve, ce qu'elle ne comprend pas: son désir de non-enfant, son incapacité à avoir des enfants, sa solitude, son manque d'amour.

Ces mots sont poignants, elle soulève ce qui ne va pas dans la société, mais... ça tourne en rond, ça traîne à certains moments. Peut-être que le fait d'écrire un livre entier de 280 pages pour ne dire que "je suis seule, personne ne veut de moi comme épouse car je suis stérile", c'est peut-être trop peu, et au final il fallait bien remplir les vides.

En fin de compte, j'en ressors mitigé de cette lecture. J'ai aimé une partie du témoignage, celle où elle parle de son quotidien, de ses ressentis; j'ai apprécié sa plume, si poignante et pourtant si travaillée, mais en revanche j'ai eu tout de même pas mal d'agacement par le recommencement et les moments un peu longs.

2 commentaires:

  1. Le sujet avait l'air très intéressant ! C'est vrai qu'on parle très peu de ces sujets, que ce soit ne pas vouloir avoir d'enfants par choix ou non ! Du coup ça me tentait pas mal, mais le côté "je tourne en rond" me freine quand même pas mal :/

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    1. C'est vrai que c'est un sujet peu répandu ! Après, peut-être l'apprécieras-tu, à toi de voir :)

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