7 juil. 2018

Le Pull-Over de Buchenwald, de Bertrand Herz.



Année de sortie: 2018 | Pages: 230
Edition: Tallandier | Genre: Historique / Témoignage.

Résumé
:  « Je suis un miraculé. J’aurais dû être déporté à Auschwitz et gazé comme la quasi-totalité des 76 000 juifs de France arrêtés. Mais j’ai été interné à Buchenwald. J’aurais pu être battu ou même tué parce que j’avais un jour donné un coup de pied à un Stubendienst. Mais il ne m’est rien arrivé. J’aurais dû, pendant l’évacuation forcée pour fuir les Américains, traînard épuisé au bord de la route, recevoir une balle de SS dans la nuque. Mais cette balle, je ne l’ai pas reçue.
En 1945, après mon retour, j’ai voulu effacer de ma mémoire le souvenir de ma déportation. N’était-ce pas injuste vis-à-vis des hommes qui étaient à mes côtés, notamment mon père, un homme d’un courage et d’un optimisme extraordinaires, qui n’a cessé de me protéger jusqu’à sa mort ? »

Ma note: 4.5/5


Ce livre a été reçu dans le cadre d'un partenariat avec la maison d'édition Tallandier ainsi que le site Internet Livradict, j'aimerais les remercier pour leur confiance, et pour m'avoir fait découvrir ce témoignage.

Je connaissais déjà cette maison d'édition, pour avoir lu le Journal d'Hélène Berr l'année dernière, un livre que je recommande toujours autant !

Bertrand Herz est né le 24 avril 1930 en région parisienne. Il a grandi dans le Vésinet, dans un milieu juif et aisé. En 1942, sa famille déménage en zone libre, à Toulouse. Mais ils sont arrêtés le 5 juillet 1944 par la Gestapo. Bien après les horreurs de la guerre, Bertrand décide de relater la survie au camp de Buchenwald. Il y sera interné jusqu'au 12 avril 1945.

Dans ce témoignage poignant, ce n'est pas l'homme de quatre-vingt cinq ans qui nous parle, mais bel et bien le jeune adolescent de quatorze ans. Avec sa sensibilité, son innocence, il confie les incompréhensions qui l'entreignent, mais également la lucidité qui l'habite lorsqu'il décrit la vie au camp, et le fait qu'il a tout de même eu de la chance. Il a eu de la chance d'avoir un père prêt à tout pour le protéger. Il a eu de la chance de survivre.

L'horreur monte crescendo entre les lignes. Entre les sévices, les menaces, la mort omni-présente, les travaux harassants, les infections, l'auteur ne cherche pas à minimiser, au contraire. Il ne cherche pas non plus à avoir une belle plume et des phrases magnifiquement bien construites. Ses phrases sont claires, simples, elles vont droit au but.

D'ailleurs, la mise en forme me fait plus penser à un journal de bord, avec ses chapitres courts, succints. Un titre en gras, puis quelques lignes de texte. L'auteur ne tourne pas autour du pot, si bien que les deux cent pages ne laissent aucun répit. En fait, il a dû écrire les chapitres au fur et à mesure que lui revenaient ses souvenirs.

Des livres parlant de déportés, j'en ai lu. Mais celui-là m'a ému, par sa simplicité poignante, ses mots percutants. J'ai vu l'histoire autant que je l'ai lu, tant l'écrit dégage des images puissantes.

L'auteur nous confie sa crainte de voir la mémoire disparaître. Les commémorations rassemblent de moins en moins de monde, les gens oublient ce qu'il s'est terminé il y a environ 70 ans. C'est pour ça qu'il est important de transmettre ce genre de témoignages. De les étudier en classe.

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